Abstract

Les auteures du présent article analysent les effets extraterritoriaux d’un texte de loi pénale canadienne en mettant l’incidence pratique de la loi dans un cadre mobile et mondial—et, dans cette perspective, concluent à l’appauvrissement de la législation interne, tant sur le plan pratique que moral. Il s’agit de l’article 7 de la Loi sur la procréation assistée (LPA) qui interdit d’acheter ou d’offrir d’acheter des gamètes et de faire la publicité pour un tel achat à un donneur ou personne agissant en son nom. Bien que la Cour suprême ait conclu, dans un renvoi de 2010, qu’une grande partie de la LPA violait le partage des compétences, l’article 7 demeure une disposition législative fédérale valide, même si elle n’est presque jamais mise en application. Certaines chercheuses, notamment Françoise Baylis et Jocelyn Downie, préconisent une application plus rigoureuse au Canada et ailleurs, s’appuyant sur les principes de common law qui étendent la portée des lois pénales canadiennes au-delà des frontières nationales. Sara Cohen et Susan Drummond soutiennent que non seulement la portée extraterritoriale du pouvoir exécutif canadien est nettement plus limitée que Baylis et Downie peuvent le souhaiter, mais un trafic transnational de reproduction en expansion mené par un petit groupe dépasse et mine la légitimité morale de la loi au Canada. Elles soutiennent que toute aspiration de politique bien fondée sous-tendant l’article 7 serait davantage réalisée par l’abrogation de cet article au profitd’un régime administratif visant à réglementer les technologies de reproduction. Le résultat serait moins hypocrite et plus démocratique.

Abstract

This article approaches a piece of Canadian criminal legislation by analyzing the law’s extraterritorial effect and putting the law’s practical import within a mobile and global context—and from that perspective concludes that the domestic law is practically and morally impoverished. The law in question is section 7 of the Assisted Human Reproduction Act (AHRA), which criminally prohibits the purchase, offer to purchase, and advertising for purchase of gametes from a donor or from a person acting on behalf of a donor. While large swathes of the AHRA were held to violate the division of powers in a 2010 Supreme Court reference, section 7 remains standing as valid federal legislation, though effectively almost never enforced. Some scholars, notably Francoise Baylis and Jocelyn Downie, urge more rigorous enforcement both within Canada and extraterritorially, drawing on common law principles that stretch the long law of Canadian penal statutes across national borders. Sara Cohen and Susan Drummond argue that not only is the extraterritorial reach of the Canadian executive drastically shorter than Baylis and Downie might wish, a growing and elite transnational reproductive traffic has outpaced and undermined the moral legitimacy of the law domestically. They argue that any well-founded policy aspirations behind section 7 are far more likely to be met with the repeal of section 7 in favour of an administrative regime for the regulation of reproductive technologies. The result would be less hypocritical and more democratic.

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Additional Information

ISSN
1911-0235
Print ISSN
0832-8781
Pages
pp. 206-240
Launched on MUSE
2014-12-24
Open Access
No
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