Correspondance (review)
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Nineteenth Century French Studies 32.3 & 4 (2004) 407-412



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Flaubert, Gustave. Correspondance. Première édition scientifique par Giovanni Bonaccorso. Deux volumes parus: Du Collège à L'Orient (1830-1851), Tome II: La Quête du Beau: De l'école des Maîtres à L'Originalité (1852-1861). Saint-Genouph, Nizet, 2001 . Pp. 869 (I) and (II) 1108. ISBN 2-7078-1264-1

Plus d'un siècle après la mort de Flaubert, on ne dispose toujours pas de l'intégralité de sa Correspondance et l'édition de référence, remarquable, entreprise il y a quelque trente ans par le regretté Jean Bruneau (Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, quatre volumes parus entre 1973 et 1998) est en cours de publication (le cinquième et dernier volume, en préparation, sera édité par Yvan Leclerc; l'édition de Jean Bruneau, à laquelle je me référerai ici, sera abrégée en Pl.I, Pl.II, etc.). De plus, au-delà des censures opérées par la nièce Caroline, les copistes d'autographes puis les éditeurs eux-mêmes, les éditions qui se sont succédé n'offrent pas un texte et une datation certains tant la tâche est ardue. Ulcéré par cet état de faits, Giovanni Bonaccorso, décédé récemment, a décidé, pour rendre "service à la collectivité" (I: xxvi), de produire une édition qui réponde aux "exigences de la recherche scientifique" (I: v), corrige les "man-ipulations" ou "erreurs de lecture" antérieures (ibid.), les mauvaises datations (ibid.) et restitue le style de Flaubert, car il a été "dénaturé" (ibid.) par tous sans exception. Comme ces deux tomes n'offrent qu'un inédit (un court billet à Reyer, 12 avril 1861, II: 1018), l'essentiel du travail a consisté à corriger la datation et à vérifier le texte sur les autographes quand l'éditeur l'a pu, ce qui n'est pas le cas pour de nombreuses lettres en collections particulières. Qu'à cela ne tienne: quand l'aut-ographe lui manque, l'éditeur reproduit les variantes de la Pléiade (alors qu'il ne s'agit que d'une sélection), rétablit "la ponctuation originale" (I: xxvii) et ose même restaurer "le style de l'épistolier" (II: viii) en utilisant comme paradigme analogique les autographes [End Page 407] collationnés! Selon Bonaccorso, qui pense ainsi très sérieusement nous offrir la "Première édition scientifique" de la Correspondance, grâce à lui "le texte [...] s'approche maintenant de sa physionomie réelle" (I: xix) car "l'on dispose, dorénavant, du texte définitif" (II: v); j'y reviendrai.

Quelqu'un aurait dû rappeler à Giovanni Bonaccorso qu'il est plus aisé de venir après les autres et que la prudence est de rigueur, surtout quand on n'hésite pas à les critiquer, voire vilipender de la sorte. Selon lui par exemple Jean Bruneau (qui, sauf erreur, n'est jamais désigné par son nom tout au long des deux volumes mais par l'énigmatique périphrase d'"éditeur de la Pléiade") se signale par un "défaut de méthode scientifique" (II: xii) et Alphonse Jacobs, à qui l'on doit l'excellente édition de la Correspondance Flaubert - Sand (Paris: Flammarion, 1981), "ne sachant pas trop ce qu'il dit," a "manipulé tranquillement" "le style d'un grand écrivain" (II: vi). Je résisterai néanmoins à la facilité de réserver à Bonaccorso le même sort et me placerai sur un terrain qu'il affectionne (voir, entre autres, I: xxvi): celui de la Science.

Il faut souligner que l'on éprouve un réel plaisir à lire enfin, dans la continuité épistolaire, les lettres à Michel Lévy, dont les autographes sont entrés récemment à la Bibliothèque nationale de France, et qu'il est passionnant de pouvoir visualiser des ajouts et des ratures, parfois nombreux, qui n'étaient pas mentionnés dans la liste sélective des variantes de la Pléiade. On doit remercier Bonaccorso d'avoir restitué cette dimension de la Correspondance: on avait l'impression - m&ecirc...


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