Théâtre complet by Paul Scarron (review)
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Paul Scarron, Théâtre complet. Édité par Jonathan Carson. (Varia, 98.) 2 vols. Genève: Droz, 2013. 1788pp.

Jonathan Carson propose une nouvelle édition du théâtre de Paul Scarron, en deux volumes regroupant les neuf pièces publiées de 1645 à 1662, ainsi que les Fragments de diverses comédies et Les Boutades du capitan Matamore et ses comédies. L’Introduction générale est suivie d’une bibliographie. Chaque pièce (sauf Le Prince Corsaire, Les Fragments et Les Boutades), est accompagnée des sources espagnoles de Scarron et de l’examen de ses récritures. Pour chaque édition, on indique le format, le contenu et une liste d’exemplaires, sauf pour Les Trois Dorothées et L’Escolier de Salamanque dont les descriptions sont plus sommaires. Le statut de chaque édition n’est pas toujours précisé. En revanche, [End Page 392] Carson prend soin de signaler des faits d’exemplaires, provenant aussi bien de Paris que du fonds Aspin au Trinity College de Dublin. Les visées de Carson sont de ‘retracer l’histoire complète du théâtre imprimé du vivant de l’auteur’ (4e de couverture), et de révéler d’importantes découvertes bibliographiques (p. 8). Mais ces objectifs ne sont pas atteints. La bibliographie est moins complète que celle d’Émile Magne (1924), qui lui-même oublie des contrefaçons normandes et grenobloises, pas davantage identifiées par Carson. L’édition B de L’Héritier ridicule, soi disant inconnue jusque-là (pp. 14, 551), était signalée dans mon Répertoire du théâtre français imprimé entre 1630 et 1660 (Droz, 2009; p. 212). Carson restitue l’orthographe originale pour permettre la comparaison des différents exemplaires et livrer scrupuleusement toutes les variantes. Les textes de Scarron sont fiables, mais la mise en page des pièces est souvent défaillante: numéros de pages et signatures des feuillets de l’édition originale souvent déplacés, titres mal centrés, blancs incongrus, taille des caractères variable pour les notes. En plus de nombreuses coquilles, on découvre une langue maltraitée. Quelques barbarismes étonnent: ‘physicalité’ (p. 58), ‘inception’ (p. 101), ‘atypiquement’ (p. 1006). Des impropriétés émaillent le texte, des adjectifs sont mal accordés, et la syntaxe est mise à mal plus d’une fois: ‘à de différents degrés’ (p. 23), ‘A prendre enfin en considération est le développement’ (p. 60), ‘on y trouve une absence totale du rire à ces pièces’ (p. 67), ‘révélateur d’un de la manière’ (p. 69), etc. Carson propose une nouvelle classification du théâtre de Scarron puis dresse l’inventaire des caractéristiques du personnage comique, préférant l’accumulation des détails à la synthèse. La mise en relation avec le théâtre comique de l’époque manque: Carson n’établit de lien avec Molière que de manière incidente. La deuxième partie, consacrée aux pièces ‘romanesques’, insiste sur la création originale de Crispin, comparée au grotesque Jodelet. Carson souligne le code de l’honneur qui règle le comportement du nouveau venu et qui atténue le comique. Il se concentre ensuite sur la récriture des modèles espagnols en s’intéressant plus à l’elocutio qu’à l’inventio et à la dispositio. La question de la ‘théâtralité’ fait l’objet des derniers développements. Plutôt que la brève comparaison avec Le Cid qui clôt l’Introduction, une synthèse conclusive aurait été bienvenue.

Alain Riffaud
Le Mans
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