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Préface
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Quand j’ai écrit ma dernière préface, en 2012, j’étais encore bouleversée par les débats présidentiels américains, pendant lesquels les deux candidats, deux hommes, s’entretenaient sur le rôle des femmes dans la société. Sans m’enfermer dans le pessimisme, cette année, je me sens obligée d’attirer votre attention sur deux autres situations qui ne doivent pas passer inaperçues. Le 30 janvier 2013, dans lexpress.fr, Sandrine Chesnel a publié un article intitulé « Quand parler du genre gêne: des conférences sur les stéréotypes annulées » dans lequel elle expliquait que, près de Nantes, une intervention prévue sur le genre et les stéréotypes sexistes a été reportée à une vague date ultérieure. C’est la sociologue réputée Christine Deprez qui devait faire cette intervention et qui, selon l’article voit dans son annulation une horrible réaction à la pression des mouvements, comme le comité de soutien pour les Journées de retrait de l’école (JRE), qui réagissent contre la présence des études du genre en milieu scolaire. Même pas une semaine plus tard, humanite.fr a publié un entretien avec Annie Ernaux, accordé à Mina Kaci, dans lequel l’écrivaine, dans le contexte du projet de loi en Espagne qui limiterait l’accès à l’IVG, parle de ses propres expériences et du fait que de pareilles restrictions représentent un danger évident. Encore des preuves que, comme a dit Ernaux dans l’entretien, « J'ai toujours été persuadée que rien n'était jamais gagné pour les femmes » et qu’il faut continuer à parler, à examiner, à ne pas accepter, à se (nous) battre.

On peut voir les articles et l’entretien de ce numéro comme autant d’affirmations du besoin de réagir et d’agir, à partir du premier, « The Case for the Courtesan Novel Sub-Genre: Counter-Discourse and Intertextuality in de Chabrillan, de la Bigne, and de Pougy » dans lequel Courtney A. Sullivan offre une lecture de quelques exemples du sous-genre courtisan, comme réaction aux romans qui présentaient une autre image de ces femmes. Viennent ensuite deux articles sur des femmes qui rompent les stéréotypes et s’opposent aux idées reçues de leur époque, d’abord dans « Less is Gore: Graphic Violence in the Fiction of Judith Gautier » de Juliana Starr et ensuite dans « Revisiting Isabelle Eberhardt’s Lettres et Journaliers » de Marlène Barsoum. Dans son article, « Alcestes and Her Sisters: Feminism, Sorority and Tragedy in Yourcenar and Simone’s Alcestes, » Keith A. Poniewaz examine le rôle de la femme, de l’héroïne tragique, et du féminisme français. La notion glissantienne de l’opacité tient de cadre à l’analyse de Lesley S. Curtis, dans « ‘Vite elle se referme’ : L’Opacité dans Le Livre d’Emma de Marie-Célie Agnant. » Dans « phauto●bio●graphie : Écrire la vie par des photos (Annie Ernaux) », Michèle Bacholle-Bošković va au-delà de la photobiographie de Gilles Mora pour montrer comment Ernaux elle-même continue à repousser les limites de [End Page 7] l’écriture autobiographique. Finalement dans son « Entretien avec Yamina Benguigui. Retour sur Mémoires d’immigrés: l’héritage maghrébin », Sarah E. Mosher interroge la cinéaste sur sa carrière, sur la discrimination, et la réception de son film et le rôle du cinéma engagé. Le volume se termine, comme toujours, sur une sélection de recensions sur des ouvrages qui vous intéresseront certainement. [End Page 8]

Dawn M. Cornelio
Université de Guelph
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