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252Women in French Studies Jennings démontre leur modernité et le rôle de précurseur qu'ajoué cette auteure dans la transition entre le classicisme et le romantisme. L'ouvrage apporte des perspectives très nouvelles sur l'œuvre durassienne considérée ici comme un ensemble construit plutôt que comme une suite d'œuvres éparses semées au hasard d'une plume désœuvrée. Jusqu'ici, les travaux sur cette contemporaine de Chateaubriand et de Madame de Staël avaient porté, dans un premier temps, sur Duras comme « source » des écrivains romantiques, puis principalement, après la redécouverte (due pour une bonne part à John Fowles) de cette nouvelle qui, pour la première fois en français, campe unejeune femme noire comme narratrice à lapremièrepersonne, dans Ourika. Voici un ouvrage qui met en évidence la portée de l'œuvre de Claire de Duras, dont le salon eut ses plus belles heures pendant la Restauration, et qui montre dans ses écrits une préoccupation constante des inégalités sociales, qu'elles concernent le sexe, la race ou la classe, obstacles dont l'implacabilité détermine la structure récurrente des romans, et qui faitcontraste avec leurapparentconformisme àl'idéologie de l'aristocratie d'Ancien Régime. Ce faisant, Chantai Bertrand-Jennings démontre aussi que, en filigrane de la trame de chacun des ouvrages, se tisse un commentaire métaphorique sur la condition des femmes. Qu'il s'agisse de la réification d'Ourika, lajeune noire qui n'a d'autre avenirque le couvent, de laféminisation d'Edouard, le roturierdépourvu de pouvoir, ou de l'esthétique du manque qui sert de cadre au « secret » d'Olivier (ce secretjamaisnommé étantréputé signifierl'impuissance sexuelle duprotagoniste), l'analyse psychologique débouche sur le constat d'une marginalité immuable à cause des codes de conduite et de moralité à l'œuvre da|is l'Ancien Régime, en particulierlecodede l'honneur, qui faitl'objetd'une analyseapprofondieaucinquième chapitre. Grâce à ses analyses minutieuses des textes, qui font l'économie des longues péroraisons et des retours sur les théories (féministes, structuralistes, psychocritiques) dont elle s'inspire, Chantai Bertrand-Jennings montre comment Claire de Duras s'inscritdans son époque de façon dynamique etdialogique, et situe ses écrits dans une tradition scripturaire, appelant ainsi une prise en compte de ces textes précurseurs dans l'histoire des sensibilités, du Romantisme et de lamodernité, mais proposant également une lecture très contemporaine de la position excentrée des protagonistes, dont l'exclusion constitue bien un thème récurrent de l'œuvre de Duras, de même que l'un desjalons de l'intérêt critique de ses romans. On se prend àsouhaiterunetraduction en anglais de cetouvrage, dont laprésentation fort soignée constitue à la fois une contribution significative aux études sur le Romantisme etun ouvrage analytique qui sera fort utile aux chercheur-e-s et à ceux et celles qui enseignent les œuvres de Claire de Duras. Rachel SauvéUniversité du Nouveau-Brunswick James F. McMillan. France and Women 1789-1914: Gender, Societyand Pouncs. London, New York: Routledge, 2000. ISBN 0-415-22602-3. Pp. Xiv + 286. The author ofthe pioneering Housewife andHarlot: The Place ofWomen in French Society 1870-1940 (Brighton, 1981), offers a new synthesis ofthe French feminist movement from the Enlightenment until the outbreak ofWorld Book Reviews253 War I. This comprehensive narrative not only constitutes a "total" history that combines social, cultural, and political dimensions of the subject, but also defines the specificity of French feminism while challenging the dominant interpretations of Republicanism as a force for progress. In the four chronological sections (1789-1815, 1815-1850, 1850-1880, and 1880-1914), McMillan brings to life an impressive number of activists from different social classes and cultural communities: spokeswomen of the French Revolution, the militant Parisian housewives of 1 848, the communardes, journalists, leaders of charitable organizations, Catholic and Protestant publicists , promoters of the education for girls, salonnières under the Restoration and the July monarchy, and even now forgotten singers, dancers, and painters. Multiple case studies depict the lives of the "laboring women" ofthe countryside and the urban...

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