Abstract

Le Projet de jugements féministes a permis à des chercheuses en droit féministes de rédiger en groupe des jugements féministes alternatifs pour des causes majeures en Angleterre et au Pays de Galles. Plutôt que de se limiter à des critiques théoriques de décisions existantes, les participantes se sont inscrites dans la tradition du Tribunal des femmes du Canada pour se lancer dans un exercice pratique et « réaliste » de rédaction de jugements. En exprimant la théorie féministe sous forme de jugements, le Projet visait à démontrer de façon systématique et rigoureuse que le pouvoir et l'aspect distinct de la rédaction pouvaient influencer l'issue des causes et modifier la rédaction des jugements. Jusqu'à maintenant, les commentaires universitaires ont porté principalement sur le fond féministe des jugements alternatifs ou, plus largement, sur ce qui rend un jugement féministe, plutôt que sur l'importance d'avoir des chercheuses féministes pour rédiger les jugements. À partir d'exemples tirés du Projet de jugements féministes, le présent article soutient que le Projet et le Tribunal des femmes ont non seulement montré comment l'éclairage théorique féministe peut (et devrait) s'appliquer dans la pratique, mais ont aussi soulevé des questions sur la nature des jugements et les possibilités offertes par la rédaction pour les chercheuses en droit féministes. En considérant la valeur de la rédaction de jugements comme une forme de science critique féministe, l'article aborde la présentation du Projet de jugements féministes comme une forme de « militantisme universitaire » et soutient qu'il existe de bonnes raisons théoriques, pédagogiques et politiques pour que des chercheuses en droit féministes rédigent les jugements.

Abstract

The Feminist Judgments Project was a collaboration in which a group of feminist legal scholars wrote alternative feminist judgments in significant legal cases in England and Wales. Rather than simply producing academic critiques of existing judgments, the participants, following in the footsteps of the Women's Court of Canada, engaged in a practical, "real world" exercise of judgment writing. By putting feminist theory into judgment form, the Feminist Judgments Project sought to harness the power and distinctiveness of judgment writing in order to demonstrate in a sustained and disciplined way how the cases could have been decided and how the judgments could be written differently. To date, academic commentary has primarily focused on the feminist substance of the alternative judgments or, more broadly, on what makes judgments feminist, rather than on the significance of feminist scholars writing judgments. Drawing on examples from the Feminist Judgments Project, this article argues that, in addition to seeing how feminist theoretical insights can (and should) play out "in practice," the Feminist Judgments Project and Women's Court also raise questions about the nature and possibilities of judgment writing for feminist legal scholarship. In considering the value of judgment writing as a form of feminist critical scholarship, the article takes up the presentation of the Feminist Judgments Project as a form of "academic activism" to argue that there are strong academic, educational, and political reasons why feminist legal scholars should write judgments.

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