Abstract

Le présent article se fonde sur les travaux de Judith Butler, dans Bodies That Matter: On the Discursive Limits of « Sex, » et de Henri Lefebvre, dans The Production of Space, pour comprendre le contrôle juridique et sociétal des femmes qui découvrent leurs seins en public. Nous pouvons comprendre le rôle du droit dans la production des identités sexuées (dans ce cas), si nous reconnaissons qu’en imposant aux femmes des contrôles lorsqu’elles découvrent leurs seins en public, nous produisons à la fois les corps et les espaces. On confond alors la « biologie » des femmes, leurs seins, avec leur identité sexuée (et, plus important encore, leur sexualité), pour justifier le fait qu’on réglemente leur comportement dans certains lieux. Le présent article montrera les fondements de ces processus interreliés; comment on produit les espaces, non seulement dans les relations sociales, mais dans un certain usage du corps; et comment on produit les corps dans la répétition et l’affirmation des relations sociales. Le présent article brosse d’abord un portrait des vues de Butler et de Lefebvre, et leur pertinence pour l’étude du droit. Ensuite, l’auteure décrit et analyse deux causes dans lesquelles deux femmes ont découvert leurs seins dans le périmètre de la ville de Guelph et ont été accusées d’acte indécent en vertu du Code criminel. Cela constitue la pierre de touche d’une brève discussion sur les dispositions juridiques touchant les femmes qui prennent des bains de soleil les seins nus. L’article se termine par une courte discussion sur de récentes plaintes, concernant les droits de la personne, par des femmes ayant été harcelées pour avoir allaité leur bébé en public, ce qui évoque: (1) les façons dont la science, la médecine et la politique influent sur le droit; (2) l’influence fragmentée des lois sur le comportement (et leur inefficacité); et (3) la spécificité des dispositions juridiques, tant informelles que formelles, quand il s’agit des corps et des espaces.

Abstract

This article draws on the work of Judith Butler, in Bodies That Matter: On the Discursive Limits of “Sex,” and Henri Lefebvre, in The Production of Space, to understand the legal and societal regulation of women who bare their breasts in public. We may understand the law’s role in the production of (in this case) sexed identities if we recognize the way in which bodies and spaces are produced at the same time, through the regulation of women when they bare their breasts in public. In these instances, the “biology” of women—their breasts—is conflated with their gendered identities (and, importantly, their sexuality) in order to justify the regulation of their behaviour in specific places. This article will establish the foundation for a consideration of how these processes weave together; how spaces are produced not just through social relations but also through certain, lived-in bodies; and how bodies are produced through the repetition and affirmation of social relations. This article first sketches the insights of Butler and Lefebvre and their relevance for the study of law. I follow with a description and analysis of two cases in which two women bared their breasts within the city limits of Guelph and were charged under the Criminal Code for an indecent act. This discussion provides the touchstone for a brief examination of the legal regulation of women who sunbathe topless. I conclude the article with a short discussion of recent human rights complaints by women who have been harassed for breast-feeding in public, which suggests: (1) the ways in which the law is influenced by science/medicine, and politics; (2) the fragmented ways in which laws can influence behaviour (and their impotence); and (3) the specificity of bodies/spaces and informal and formal laws/regulation.

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Additional Information

ISSN
1911-0235
Print ISSN
0832-8781
Pages
pp. 600-626
Launched on MUSE
2011-12-03
Open Access
No
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