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  • Musique et geste en France de Lully à la Révolution: études sur la musique, le théâtre et la danse
  • Fabien Cavaillé
Musique et geste en France de Lully à la Révolution: études sur la musique, le théâtre et la danse. Édité par Jacqueline Waeber. Bern: Peter Lang, 2009. 305 pp, ill. Pb €50.30; £45.30; $77.95.

Jacqueline Waeber a réuni des spécialistes reconnus d'histoire des spectacles et de musicologie autour d'un thème aussi fascinant que difficile: le geste et le jeu muet dans les spectacles musicaux du dix-huitième siècle. Le grand intérêt du recueil est de présenter dans leur variété et leur évolution les formes de spectacle où les gestes du chanteur, de l'acteur ou du danseur s'expriment et parlent, sans mots mais en musique. Les études, souvent précises et de grande qualité, abordent aussi bien la tradition lulliste de la tragédie lyrique que les innovations de Rameau et la réforme de Gluck ou les métamorphoses de la danse française depuis l'entrée de ballet jusqu'à l'invention du ballet en action. Beaucoup de contributions reviennent sur la place du geste tantôt dans la dramaturgie des opéras et la construction de tableaux spectaculaires (Anne Piéjus, Mark Darlow), tantôt dans la définition d'un jeu opératique ou d'une danse expressive (Laura Naudeix, Sarah McCleave), tantôt dans le travail des compositeurs eux-mêmes (Gluck au premier chef) écrivant des musiques pour la danse, la pantomime ou l'atmosphère d'une scène muette (Hedy Law, Emilio Sala, Patrick Taïeb). On retrouve un peu partout le problème crucial de la pantomime, montrant bien qu'entre les théâtres de la Foire et les grands théâtres parisiens, il existe des influences, des contaminations, des récupérations. Jacqueline Waeber montre le rôle de la pantomime de foire et du 'bas comique' dans l'invention des scènes muettes de Rousseau. Cet ouvrage a aussi le mérite d'analyser sous des angles différents certains grands théoriciens du geste: Noverre, au premier plan, mais aussi Cahusac, Marmontel, Diderot et tous les commentateurs du jeu de Garrick dont la figure réapparaît souvent dans les essais. S'appuyant sur Condillac et Rousseau, Jean-Noël Laurenti montre comment la quête du geste par la danse relève d'une philosophie primitiviste qui prétend trouver une langue universelle et naturelle. Enfin ces contributions à une histoire du geste spectaculaire ne s'enferment pas dans une perception uniquement parisienne de la question: elles font valoir la circulation des idées et des recherches entre les artistes, les imprésarios et les critiques, entre Londres, Paris et Vienne, comme le montre Bruce Alan Brown. On retiendra tout particulièrement les [End Page 487] interventions de Sylvie Bouissou et d'Antonia Banducci, montrant, l'une comme l'autre, la part de créativité qui régit la mise en scène ou la chorégraphie à l'Opéra: leurs contributions prouvent qu'il existe une mise en scène au dix-huitième siècle, c'est-à-dire des choix artistiques effectués dans la réalisation des spectacles. Si l'on eût aimé de plus amples développements sur les liens entre les gestes muets et les réformes du jeu théâtral, lui-même, ou sur la quête des gestes antiques, cet ouvrage intéressera sans nul doute les historiens du théâtre et de la musique.

Fabien Cavaillé
Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3
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Additional Information

ISSN
1468-2931
Print ISSN
0016-1128
Pages
pp. 487-488
Launched on MUSE
2010-10-27
Open Access
No
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