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Reviewed by:
  • Mythes et sociétés des Amériques
  • Claude Grégoire (bio)
Mythes et sociétés des Amériques, s. la dir. de Gérard Bouchard et Bernard Andrès, Montréal, Québec Amérique, coll. Dossiers et documents, 2007, 440 p., 27,95$

Évoquant d'entrée de jeu le désir de « situer la société québécoise [. . .] dans son environnement continental ou hémisphérique - ou dans son 'américanité' », Gérard Bouchard et Bernard Andrès offrent, dans le collectif Mythes et sociétés des Amériques, les regards d'une douzaine de chercheurs d'horizons divers qui, chacun à sa façon, viendront tour à tour illustrer la résonance d'un mythe dans une des sociétés des Amériques.

Sujet à controverses par sa définition même, ses origines, ses manifestations concrètes, le mythe, comme type de représentation collective, se voit, dans cet ouvrage à l'approche pragmatique, prendre les formes les plus inattendues sur les territoires américains : chien aztèque, zombi ou baseball, pour ne nommer que ceux-là , trouvent écho et points de convergence avec d'autres mythes dans les espaces culturel, politique, social et historique américains. Le mythe, loin de se nourrir du seul fabuleux que lui prête d'emblée la croyance populaire, habite indubitablement le monde américain, dont il s'est imprégné pour nourrir les imaginaires autochtones, acadiens, québécois et états-uniens, entre autres.

Les auteurs des textes de Mythes et sociétés des Amériques présentent parfois les mythes américains comme la transposition de mythes de l'Ancien Monde (comme l'illustrent Nova Doyon, Maximilien Laroche et Rémi Savard, notamment). De surcroît, l'ouvrage met en lumière la mouvance des figures et phénomènes mythiques, leur aspect migratoire, voire nomade (particulièrement chez Patrick Imbert, Jean Morency et Louise Vigneault), tant dans leur forme que dans la signification qui leur est attribuée, quel que soit leur médium d'expression. Les espaces littéraires, dans l'oralité comme dans l'écrit, et les arts visuels se nourrissent de figures et de phénomènes transcendant les différentes communautés et régions du Nouveau Monde (chez Zilá Bernd, Francis Utéza et Janusz Prsychodzen). Mais à l'idée du nouveau, paradigme indissociable de l'aventure américaine, se greffe aussi celle de l'utopie (chez Bernard Andrès et Michel Nareau, notamment) : dans leurs ressemblances et leurs points de divergence, les mythes américains apparaissent encore en mutation, trop jeunes sont-ils à maints égards, mais assez anciens et puissants pour que la mémoire soit tentée de les fixer (Gérard Bouchard). [End Page 100]

Il faut louer, en plus de la qualité des textes offerts dans Mythes et sociétés des Amériques, le fait qu'on propose en conclusion un essai de définition du mythe. Marqué par l'esprit exploratoire inhérent au sujet de l'ouvrage, Bouchard reconnaît, par cette démarche heuristique, la toute fragile certitude du mythe proprement américain, terreau fertile qui prend ici de belle façon sa place dans le discours savant.

Claude Grégoire

Claude Grégoire, Collège Mérici et Université Laval

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Additional Information

ISSN
1712-5278
Print ISSN
0042-0247
Pages
pp. 100-101
Launched on MUSE
2010-08-07
Open Access
No
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