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  A la mémoire de Tahar Djaout, Youssef Sebti, Abdelkader Alloula   Tou(te)s les Algérien(ne)s qui ont payé de leur vie . . .   Leur liberté de parole . . .

Je vous écris d’un pays lointaint de neige et de verglas J’éveille au monde vos voix sacrifiées Lâchement tailladées, trouées de balles, lacérées A l’arme blanche Massacrés enfants, femmes, vieillards Ces traîtres tueries dans les douars de l’indigence étonnent même les crapauds Vos assassins n’auront jamais le dernier mot

Corps et mémoire éventrés à l’aveuglette Incendiés bibliothèques et secret d’armoiries Livres ensanglantés hurlant des nuits sans fin Abattus à bout portant tous les passeurs de tolérance Revendiquant liberté de dévêtir mensonges et pitreries Dévoiler la vérité dans toutes les tanières Dans le scarabée banni ou l’empreinte des loches Suçant pouvoir à gorges déployées . . .

Votre crime, c’est d’avoir suivi la voix qui dit Écris . . . “Lis . . . Au Nom de ton Seigneur qui a créé . . .” Vous créateurs d’un monde de paix Contre la logique de la terreur, vous seuls . . . Aurez le dernier mot comme vous avez eu le premier

J’invoque l’esprit et la lettre de vos écrits Seuls à arrêter le carnage insensé des “fous de Dieu” Bornés à victimiser le peuple d’Algérie, notre peuple assoiffé d’innocence, mourant d’envie de tourner la page de l’absurdité outrancière . . .

Qui fera sauter les litanies des endoctrinés de la haine? Qui arrêtera les détraqués d’une foi poussée jusqu’à la chienlit?

L’Islam est paix pour toutes les foix diverses même dans l’adversité De tous les êtres du Livre ouvrant sur fraternité qui guérit

Mais les frères sont des bouchers pour leurs frères Dans cette barbarie atteinte de folie meurtrière [End Page 207]

Où la violence sort de ses gonds les plus profonds Histoire de factions qui s’entre-tuent pour laisser leur marque d’infamie.

Charcuteries qui bafouent limite et raison Des fanatiques de tous bords ensanglantent la blancheur de l’aube Arrêtez, torpiller, faites voler en éclats des détraqués du temps

Qui suis-je en train de hurler, moi l’apolitique Qui n’ai jamais adhéré à un parti quelconque?

Je crie et j’écris de mons pays d’insomnie, de mon pays d’agonie Je vomis ma colère pour sortir de l’enfer où l’on nous a tous cadenassés Pour l’amour d’un pouvoir de guenille qui ne vaut pas une goutte de sang

Je vous écris d’un pays de grisaille et de brunante Où nos querelles intestines sont pacotilles et supercheries Face à l’Algérie, pays déchiquetant la dépendance éternelle Sans fonder une véritable tradition, mortier d’un réel cohérent Ciel moiré et ambigu sans Nedjma filant lacis reconnus A l’Est comme à l’Ouest des pleines lunes répressives Au Centre mou, de sombres tonnerres sans éclaircies de Voies

O Innocents lâchement abattus à la sortie de vos demeures Dépouillés dans vos tombes désacralisées Soufflez Furies dans les têtes-citrouilles des deux côtés de cette frontière Sauvagement défendue par Integrolots et Militarès aux abois

Ces Vampires assoiffés de sang qu’ils dégorgent à tous tournants Le pays mis à feu et sang ne pardonnera pas leurs gueules infestées Coincé entre ces monstres, le peuple invoque résistance, et calame de maux Ce lourd silence qui lutte sans merci pour que s’instaure Déesse Démocratie

Je vous écris du bout du rouleau d’un coeur bariolé de solitude Suffit la mauvaise foi qui ne reconnaît ni loi, ni amour de soi A l’intérieur comme à l’extérieur du pays désuni, ils ont descendu leurs mères Même pas pour un mot d’harmonie, une métaphore de progrès Au centre du drame, refusons d’être les martyrs d’une...

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