restricted access Nous voyagerons au cœur de l'être. Autour d'Hélène Dorion (review)
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Nous voyagerons au cœur de l’être. Autour d’Hélène Dorion, s. la dir. de Paul Bélanger Montréal, Éditions du Noroît, coll. Chemins de traverses, 2004, 130 p.

Hélène Dorion a publié son premier recueil, L'intervalle prolongé suivi de La chute requise en 1983 aux Éditions du Noroît. Nous voyagerons au cœur de l'être. Autour d'Hélène Dorion se veut un hommage à l'œuvre de la poète pour souligner vingt ans de publications. Sur la quatrième de couver- ture, on peut lire que cet ouvrage, dirigé par Paul Bélanger, s'offre comme un « livre d'amitié ». Nous y trouvons donc des témoignages plus que des études, bien que certains propos posent un regard pénétrant sur l'œuvre d'Hélène Dorion. Amis, poètes, collaborateurs, traducteurs de l'œuvre d'Hélène Dorion ont proposé de courts textes ou des poèmes. Aline Apostolska, Guy Cloutier, Denise Desautels, Carles Duarte i Monserrat, François-Michel Durazzo, Madeleine Gagnon, Benoît Lacroix, Marie-Andrée Lamontagne, Corinne Larochelle, Bertrand Laverdure, Béatrice Libert, Paul Chanel Malenfant, Andrea Moorhead, Fernand Ouellette, André Romus, Jean Royer et Daniel Sloate partagent ici leur lecture de l'œuvre dorionienne.

Ceux et celles qui attendaient un ouvrage qui permettent d'entrer dans l'œuvre difficile d'Hélène Dorion ne trouveront pas dans Nous voyagerons au cœur de l'être de véritable « clé » pour leur lecture — mais peut-être quelques pistes —, non plus que quelque résumé biobibliographique qui leur permettrait de situer la poète et son œuvre. Certains textes tentent cependant de synthétiser l'œuvre, par exemple celui de Paul Bélanger, « Organiser l'instable », qui fait du poème liminaire de Hors champ, le second recueil de la poète publié au Noroît en 1985, « le noyau de la quête [End Page 93] poétique d'Hélène Dorion et de son cheminement d'être humain ». Il faut noter aussi le généreux propos de Paul Chanel Malenfant qui déploie sa lecture des Murs de la grotte et la rattache à l'ensemble de l'œuvre à partir du thème du « monde » et qui met en lumière l'importance de la figure du Père. La lecture plus personnelle de Marie-Andrée Lamontagne de ce même recueil montre bien comment une lecture n'épuise pas l'œuvre mais, placée à côté d'autres lectures, en montre toute la richesse. Surtout, c'est la lecture très fine, et plus englobante, de François-Michel Durazzo qu'il faut souligner, du moins si l'on cherche un regard analytique sur l'œuvre. Le texte, le plus étoffé du recueil, intitulé « Poète de la blessure », est en fait une étude déjà publiée en 1999 que l'auteur reprend ici en poursuivant sa réflexion pour tenir compte de Portraits de mers paru depuis. Le poète et traducteur note l'« inspiration éthique et philosophique » d'Hélène Dorion, parle d'une œuvre « intense et concise » où « le poète explore sans fin une "blessure" que la poésie est sommée de dire, connaître et si possible guérir », suit le parcours d'écriture à travers tous les recueils jusqu'à Portraits de mers (2000), suggérant même une piste de lecture pour comprendre l'œuvre en intégrant les derniers titres en prose.

Parmi tous ces témoignages de lectures plus personnelles, on notera celle d'André Romus sur L'issue, la résonance du désordre (1993) qui retient de l'œuvre la tendresse, la fragilité, une certaine musique, un incessant questionnement, mais aussi une fidélité à soi. On sera touché aussi par le premier texte du collectif, « Fille d'argile et de souffle » de Madeleine Gagnon, qui témoigne à la fois d'une lecture personnelle et poétique ainsi que de la démarche d'Hélène Dorion, « une fille philosophique, folle et sage ». C'est là un texte généreux, sensible, qui à sa façon...


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