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Reviewed by:
  • La métaphore dans l'oeuvre de Paul Valéry
  • Jacques Paquin (bio)
Pascal Michelucci , La métaphore dans l'œuvre de Paul ValéryBern, Peter Lang, 2003, 356 p.

Au Canada comme au Québec, Paul Valéry n'a pas suscité, du moins depuis de nombreuses années, l'intérêt des chercheurs, sans doute parce qu'il est encore l'objet de jugements péremptoires. Certains se d étournent de son goût pour l'abstraction (alors que l'auteur de « La Jeune Parque » a milité pour ce qu'il appelait « un matérialisme verbal »); d'autres ont toujours jugé son œuvre poétique à l'ombre des figures tutélaires qui lui ont servi de phares (Rimbaud, Mallarmé). De sorte que, mis à part une ou deux exceptions, la recherche a donné peu d'études de fond sur l'œuvre valéryennne de ce côté-ci de l'Atlantique. De même, les travaux sur la métaphore, pris à la fois comme objet théorique et comme usage au sein d'une poétique, ne sont pas monnaie courante. L'ouvrage de Pascal Michelucci arrive donc à point, car il conjugue un intérêt indéniable pour l'une et l'autre et apporte une perspective originale.

Les objectifs et les justifications énoncées par l'auteur sont de trois ordres : d'abord, parce que la question de la métaphore, chez Valéry, traverse indifféremment les textes en prose, même fragmentés, comme ceux des Cahiers, et les textes poétiques, en particulier « La Jeune Parque » et « Charmes », qui constituent des objets d'étude privilégiés. Pour Michelucci, qui réitère les positions de Paul Ricœur (La métaphore vive), la métaphore est bien plus qu'une simple figure de rhétorique, elle est aussi, et notamment chez Valéry, un « instrument du savoir ». Le premier chapitre, intitulé « Les conceptions linguistiques de la métaphore chez Valéry », s'œvre sur une brève mais très substantielle étude critique des principales acceptions de la métaphore, issues d'approches linguistiques, philosophiques, stylistiques, structuralistes, psychologiques, etc., qui visent à discréditer les conceptions ornementales de la figure et la théorie de l'écart prôné par les structuralistes. On peut s'interroger sur la nécessité de revenir sur cette question, qui n'a plus cours depuis belle lurette dans les études tant soit peu sérieuses sur la métaphore. Mais là où l'approche de Michelluci se démarque, c'est dans son refus de réduire la figure à la nomination pour mettre plutôt l'accent sur les manifestations syntaxiques et discursives. On notera que l'auteur cherche, ce faisant, à créer une théorie de la métaphore qui doit beaucoup à la manière dont Valéry, précurseur dans ce domaine, a pu penser et mettre en pratique la figure par excellence pour les poètes qui, comme lui, ont pratiqué « une pensée par l'image », selon la formule de Henri Meschonnic. Le deuxième chapitre, beaucoup plus court en regard de l'ensemble, fait le point sur l'interaction entre les objets de discours polymorphes des Cahiers, allant des sciences physiques et mathématiques à l'importance de la sensation et du corps, pour démontrer que la poétique valéryenne tend alors vers une théorisation de plus en plus grande qui se réalise avec la prise en compte d 'une [End Page 602] interrogation où la métaphore joue un rôle primordial. Ce rôle est abordé de manière méthodique dans le chapitre suivant, à partir d'un paradigme qui traverse la pensée de Valéry et que celui-ci a nommé « Système ». Michelucci entend ainsi « pointer [...] la naissance et les caractéristiques de la méthode métaphorique qui constitue le point d'orgue des Cahiers [...] ». Plus particulièrement, c'est le langage métaphorique mathématique qui domine, lequel permet à Valéry d'échapper aux conceptions par trop psychologisantes de son époque aussi bien dans la saisie des choses de l'esprit que dans le domaine de l'esthétique...

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Additional Information

ISSN
1712-5278
Print ISSN
0042-0247
Pages
pp. 602-603
Launched on MUSE
2006-02-10
Open Access
No
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